DIAGNOSTIC ÉLECTRIQUE : VOS QUESTIONS, NOS RÉPONSES

Le diagnostic électrique est un contrôle obligatoire de l’état des installations électriques des logements de plus de 15 ans. Il vise à prévenir les risques d’électrocution, d’incendie ou de surtension. Il est réalisé par un professionnel certifié, qui utilise un équipement adapté et fiable, et qui rédige un rapport avec les anomalies et les recommandations. Ce diagnostic est très important. Les incendies d’origine électrique sont fréquents et dangereux. En effet, selon l’Observatoire National de la Sécurité Électrique (ONSE), sur 200 000 incendies, 50 000 sont d’origine électrique. Dans cet article, nous allons répondre aux questions les plus fréquentes posées lors de nos interventions

Infographie sur les incendies d’origine électrique en France en 2018
En 2018, 50 000 incendies étaient d’origine électrique. 6 sur 10 dus à des imprudences. 7 millions de logements présentent des risques, dont 30 % jugés particulièrement dangereux (source ONSE).

Qu’est-ce que la norme NF C 16-600 et pourquoi est-elle importante ?

La norme NF C 16-600 est la norme qui définit le contenu, la méthodologie et les modalités de réalisation du diagnostic de l’état des installations électriques des parties privatives des locaux à usage d’habitation.

Le diagnostic établit un état de l’installation électrique, et évalue les risques pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes. En outre, il ne s’agit en aucun cas d’un contrôle de conformité vis -à-vis de la réglementation en vigueur.

Ce diagnostic, valable 3 ans pour la vente ou 6 pour la location contrôle l’état des installations électriques. En effet, sur 27 millions de logements français, 7 millions présentent des risques d’incendie d’origine électrique. En outre 30% d’entre eux sont considérés comme particulièrement dangereux…

Quels sont les points de contrôle vérifiés par le diagnostic électrique ?

Les points de contrôle principaux sont : Pour commencer, il y a l’appareil général de commande et de protection (AGCP). C’est en principe le disjoncteur de branchement  » le général » comme on dit souvent, ou son équivalent. Il doit être accessible à l’intérieur du logement. Il doit permettre de couper l ensemble de l’installation, en cas d’urgence. Puis, il y a le dispositif différentiel de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre. Il faut vérifier aussi le respect des règles liées aux zones et aux volumes. C’est à dire la distance entre la baignoire et les appareils électriques dans les salles de bains. Également, on contrôle les disjoncteurs divisionnaires ou les fusibles à l’origine de chaque circuit. Ces derniers, permettent de protéger les conducteurs et câbles électriques contre les échauffements anormaux dus aux surcharge ou court-circuit. Enfin, on vérifie la liaison équipotentielle. Un câble raccordé à la terre relie les parties métalliques entre eux d’une salle de bain ou cuisine. Cette liaison permet d’éviter, qu’un courant dangereux traverse le corps humain.

Quelle est la différence entre un interrupteur différentiel et un disjoncteur différentiel ?

La différence entre un interrupteur différentiel et un disjoncteur différentiel est que le premier ne protège que les personnes contre les courants de fuite, tandis que le second protège aussi les équipements électriques contre les surtensions, les surcharges et les courts-circuits. Un interrupteur différentiel doit nécessite un disjoncteur pour assurer une protection complète, alors qu’un disjoncteur différentiel combine les deux fonctions en un seul appareil.

Qu’est-ce qu’une mesure compensatoire en électricité ?

Dans certains logements anciens, mettre l’installation totalement à jour exigerait des travaux gigantesques. Il est par exemple très compliqué de rajouter un fil de terre sur toutes les prises sans devoir rouvrir les murs ou les cloisons de votre appartement.

La réglementation a donc prévu ce que l’on appelle une mesure compensatoire. C’est une solution technique alternative de sécurité, totalement reconnue par la loi. Elle permet de protéger efficacement les occupants contre les risques électriques, sans avoir besoin de tout casser.

L’exemple le plus fréquent concerne justement cette absence de prise de terre. Pour pallier ce manque, il est possible d’installer un interrupteur différentiel à haute sensibilité de 30 milliampères directement sur votre tableau électrique principal. Ce dispositif va agir comme un bouclier et couper instantanément le courant à la moindre fuite.

Lors de mon diagnostic, j’utilise la grille stricte de l’arrêté du 28 septembre 2017 pour évaluer votre installation. Si je constate l’absence de terre, je dois obligatoirement signaler l’anomalie.

Cependant, si ce fameux interrupteur de sécurité de 30 milliampères est bien présent sur votre tableau, je le note également dans le rapport. J’indique ainsi clairement et officiellement que le risque de départ est compensé et que votre sécurité est assurée.

A quoi sert le 30 mA ?

Le 30 mA est la sensibilité d’un interrupteur ou d’un disjoncteur différentiel. Il permet de protéger les personnes contre les risques d’électrisation. En effet, si l’appareil détecte une différence de 30 milliampères entre le courant entrant et le courant sortant, il coupe l’alimentation électrique du circuit en défaut. 30 mA représente le seuil de tolérance du corps humain aux chocs électriques pendant un laps de temps très court (en millisecondes). Au-delà de cette intensité, un choc électrique peut être dangereux pour la vie.

En quoi une bonne prise de terre est-elle importante ?

Une bonne prise de terre est importante pour protéger les personnes et les équipements électriques contre les risques d’électrocution, d’incendie et de surtension. Elle permet d’évacuer vers la terre le courant de défaut, et de stabiliser la tension dans le système. Une prise de terre mal conçue ou défectueuse peut entraîner des différences de potentiel dangereuses entre les éléments métalliques ou entre les pieds d’une personne.https://www.legrand.fr/questions-frequentes/pourquoi-et-comment-fonctionne-une-prise-de-terre

Peut-on faire un diagnostic électrique sans électricité dans le logement ?

Oui, il est possible de faire un diagnostic immobilier sans électricité dans le logement, mais il ne sera pas complet. Les points de contrôle associés à l’absence de courant ne seront pas réalisés. 

Que faire en cas d’anomalies constatées par le diagnostiqueur ?

Si le diagnostiqueur a constaté des anomalies dans votre installation électrique, vous en prendrez connaissance dès la fin de la prestation lors du debriefing fait par votre technicien, et tout sera indiqué sur votre rapport. Rien ne vous oblige à réaliser les travaux avant la vente de votre logement. Le diagnostic est là pour signaler à l’acquéreur les anomalies, mais,nous vous conseillons vivement de les faire réparer par un professionnel qualifié.

Il est important de ne pas négliger les anomalies électriques, car elles peuvent entraîner des risques d’électrocution, d’incendie, de surtension ou de panne. Faire un appel à un électricien compétent, permet d’éviter ces désagréments.

Comment se déroule concrètement mon intervention sur place ?

Dès mon arrivée dans votre logement, que vous soyez de Cavalaire, Sainte-Maxime ou dans n’importe quelle autre commune du Golfe de Saint-Tropez, je commence par une reconnaissance générale de votre installation, et j’en profite pour vous demander si vous connaissez l’emplacement de votre compteur électrique, généralement le fameux boîtier Linky. L’identification de cet organe de coupure générale marque en effet le point de départ de mon repérage.

Le diagnostic électrique nécessite obligatoirement des coupures de courant pour des raisons de sécurité. Je vous invite donc toujours à éteindre vos appareils sensibles, comme les ordinateurs ou les téléviseurs, avant le début de mon inspection.

L’étape centrale de mon intervention se déroule ensuite au niveau de votre tableau électrique. Je démonte le capot avec précaution pour vérifier minutieusement le câblage interne, la présence et le bon calibrage des dispositifs de protection, ainsi que le raccordement général. C’est le moment où je m’assure que le cœur de votre installation ne présente pas de danger.

Je parcours par la suite chacune de vos pièces en étant équipé de mes appareils de mesure. Je teste vos prises pour confirmer leur liaison à la terre et j’examine l’état des différents matériels comme les interrupteurs.

J’accorde une attention toute particulière aux pièces d’eau, comme la salle de bain. Les règles de distance entre les robinets et les équipements électriques y sont extrêmement strictes pour vous protéger.

J’effectue l’ensemble de ces points de contrôle en suivant scrupuleusement la grille de l’arrêté du 28 septembre 2017. C’est ce document précis qui définit ce que je dois vérifier. La norme technique NF C 16-600, quant à elle, m’impose la méthodologie stricte que j’applique tout au long de mon repérage.

Une fois l’inspection terminée, je remets le courant et je vous fais un premier retour oral sur ce que j’ai pu observer, avant de procéder à la rédaction de votre rapport officiel.